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C’était il y a un an pile. Dans son bureau du huitième arrondissement, l’ancien dirigeant de TF1assurait avec véhémence au journaliste venu le visiter : « Le monde du foot aurait dû m'élever une statue en or dans le hall de la Fédération. On a arrosé les clubs. Mais au lieu de mettre de l'argent de côté, les joueurs achetaient des Ferrari ! »
C’est la bonne fortune du football. Comme les danseuses de la belle époque, le ballon rond passe de mécène en mécène. Après Patrick Le Lay, la Fédération aurait pu élever une statue en or à un autre dirigeant de l’audiovisuel. Le patron de Canal+ et du bouquet CanalSat, Bertrand Méheut, a arrosé d’argent le football durant des années pour tenir la distance face à son concurrent, le bouquet de télévisions par satellite TPS. Canal+ a fini par absorber TPS, ce qui lui vaut aujourd’hui de se faire tirer l’oreille par l’Autorité de la concurrence.
L’avenir des mines d’or offertes au football a paru un instant compromis. Fiasco de la Coupe du monde, déficits prodigieux accumulés dans les clubs français accoutumés à vivre au-dessus de leurs moyens, absence de grands concurrents à Canal+ pour faire monter les enchères, l’âge d’or (au sens propre) semblait fini. Le sport allait enfin se dégager de l’afflux excessif d’argent, se réjouissaient les puristes. Mais il y a sans doute un Dieu pour les enfants gâtés du football et les vendeurs de Ferrari.
Après TF1, après le tandem TPS- Canal+, voilà que surgissent des sables… les Qataris. Cette divine surprise tient du mirage. Leur chaîne française Al Jazeera Sports n’existe pas, elle est encore à l’état de projet. Elle n’a d’autre salarié connu que Charles Bietry, ancien patron des sports de Canal+ et de France Télévisions. Elle n’a pas de réseau de diffusion… Et pourtant, comme toujours avec les pays du golfe, le mirage deviendra réalité et verra finalement le jour, à coups de pétrodollars engloutis sans réserves (mais non pas sans compter) dans le projet. Combien ? Entre les droits acquis à ce jour, ceux qui restent à acquérir pour élargir le spectre des disciplines sportives offertes aux télépectateurs au-delà du seul football, et les frais de fonctionnement de la future chaîne, un rapide calcul porte les sommes investies ou à investir par les Qataris entre 180 et 200 millions d’euros minimum dans ce qui reste un fantôme pour quelques mois encore.
Le Qatar poursuivra sans doute encore ses emplettes dans les droits sportifs et Canal+ aura à cœur de ne pas se faire doubler trop souvent. La chaîne cryptée vient, ce vendredi 9 décembre, de faire monter les enchères à 50 millions d’euros (selon la chaîne) pour rafler in extremis les treize meilleurs matchs de la Ligue des champions. De leur côté, les grandes chaînes ont besoin des publics records du foot pour faire remonter leurs moyennes d’audiences et leurs tarifs publicitaires. Elles devront donc une nouvelle fois revoir leurs offres à la hausse. Le Qatar sert de lièvre. La course à l’inflation des droits du football est relancée. Les joueurs et les concessionnaires Ferrari ont de beaux jours devant eux.
Preuve supplémentaire du succès de la TNT en France : alors que le CSA distribuera six canaux supplémentaires en haute définition, les candidatures sont aujourd’hui au nombre de 34. Lors du lancement de la TNT, les candidats y venaient sur la pointe des pieds. Tellement prudemment que certains, comme TF1, avaient décidé de ne pas y aller du tout. Cette fois, c’est la ruée.
Il y aura donc des déçus. Car le CSA devrait consoler avec un canal HD les groupes TF1 et M6, auxquels on avait finalement retiré leur droit à obtenir des canaux compensatoires. Il devra encourager les groupes indépendants qui n’ont pas vendu leurs chaines : NRJ et NextradioTV devraient décrocher chacun un canal. L’Equipe TV, projet solide, soutenu par le Comité olympique, bien installé dans le sport avec son quotidien L’Equipe, sa filiale d’organisation d’événements sportifs ASO et les pages sport du Parisien Aujourd’hui en France, a de fortes chances de convaincre les sages. Le suspens repose donc sur un canal et un seul, le sixième. Qui pourrait bien séduire le CSA ?
Les éléments précis manquent encore sur les dossiers, mais quelques uns sortent du lot. « Le CSA cherchera à se pas briser les équilibres du secteur en privilégiant des chaînes aux économies modestes, de 30 à 35 millions d’euros, explique Philippe Bailly, chez NPA Conseil, pour ne pas bouleverser les équilibres fragiles de la publicité télévisée ». Le CSA recherchera aussi la créativité et l’innovation. Les sages seront enfin attentifs au potentiel d’audience et de chiffre d’affaires des différents projets, car la seule diffusion de la TNT HD (avant paiement des salaires, locaux etc.) coûtera cher, 10 à 12 millions d’euros par an. Lagardère (Elle TV) et le groupe Nouvel Observateur (propriétaire de Challenges et de Challenges.fr avec son projet 360 TV), associé à quatre autres acteurs des médias, pourront plaider l’appui de groupes solides, déjà présents dans les médias. Autre groupe de presse, Le Figaro (Meteo Consult) a plutôt choisi le créneau du service basique. La chaîne du patrimoine ou Fiducial auront les atouts d’une thématique vierge dans le paysage de la TNT gratuite. Mais parmi les nombreux candidats au sixième canal, les regards convergent sur TVous, la télédiversité.
Inconnu du grand public, le lobbyiste Pascal Houzelot (photo), ancien conseiller général, proche de l’ancienne direction de TF1, créateur et président de la chaîne communautaire gay Pink TV, a un carnet d’adresses bien rempli et les bras longs. Il sera sans doute la bête noire des nombreux candidats au sixième canal. Ses atouts : un plateau d’actionnaires prestigieux qui compte Jean-Charles Naouri (Casino), Xavier Niel, qu’on ne présente plus, Mathieu Pigasse (banque Lazard, Le Monde, Les Inrockuptibles), François-Henri Pinault (PPR, Le Point) et Jacques Veyrat (Eiffel Investment Group). Ils lui apportent un budget supérieur à 30 millions d’euros. Les handicaps de TVous : une thématique unique, la diversité, qu’on retrouve ailleurs dans le PAF et qui peine à générer de fortes audiences. Pascal Houzelot devra aussi affronter le bilan de Pink TV, qui ne publie plus ses comptes depuis 2007. Elle avait enregistré des pertes de 8,5 ME en 2005, 6,8 ME en 2006 et 1,6 ME en 2007. Les auditions auront lieu du 5 au 9 mars. Résultat des courses à la mi-mars.
Les deux papivores de la nouvelle génération, Mathieu Pigasse et Xavier Niel, seront derrière le lancement du Huffington Post français, lundi 23 janvier au matin, en présence d’Ariana Huffington elle-même et de Anne Sinclair, nommée directrice éditoriale de la version française.
Le HuffPo français est bien parrainé. A force de s’intéresser au secteur, le banquier Pigasse et l’industriel Niel ont accumulé un bel éventail dans les médias. Un tiers du Monde et une myriade de sites Internet pour Xavier Niel (Médiapart notamment), un autre tiers du Monde, le magazine Les Inrockuptibles et désormais 15% du Huffington Post français à titre personnel pour Mathieu Pigasse. Le jeune banquier montre un bel appétit médiatique puisqu’il est aussi derrière le projet de chaîne TVous porté par Pascal Houzelot, un lobbyiste influent déjà à la tête de la chaîne gay Pink TV.
Avec moins de dix journalistes permanents (contre 24 à Médiapart), le Huff Po français devrait être un acteur modeste du secteur des sites éditoriaux.
Reste que, de projet en projet, Xavier Niel et Mathieu Pigasse tissent leur toile dans les médias. Mathieu Pigasse, qui ne cache ni ses convictions de gauche, ni sa proximité avec le couple Strauss-Kahn, aura su convaincre Ariana Huffington de la capacité de Anne Sinclair à porter la campagne de lancement de ce petit site. Une stratégie de communication « hors publicité » qui fait irrésistiblement penser à celle de Xavier Niel pour le lancement de son réseau de téléphonie mobile.
Mais la présence d’Anne Sinclair suffira-t-elle à faire le succès du Huff Po français ? Incontestablement, cette personnalité éclaboussée malgré elle par le scandale du Sofitel et désormais célèbre dans le monde entier sait attirer les projecteurs médiatiques.
Pour autant, le choix d’Anne Sinclair parait surprenant et risqué.
Surprenant parce que le Huffington Post s’est lancé aux Etats-Unis sur l’opposition féroce d’Arianna Huffington au gouvernement Bush, avec un ton et un discours qui tranchaient sur celui des grands médias. Ancienne chroniqueuse conservatrice passée à gauche, la patronne du Huffington Post incarnait ce combat politique aux yeux du public.
Rien à voir avec l’image d’Anne Sinclair en France. L’ancienne présentatrice de 7 sur 7 incarne au contraire la figure lisse d’un journalisme empathique, consensuel, incarnation du politiquement correct. Un positionnement qui ne fait pas recette sur un réseau web amateur d’aspérités. D’où le risque. A cette image ancienne, l’épouse de Dominique Strauss-Kahn ajoute depuis la vraie fausse campagne de DSK et sa chute au Sofitel l’image d’une partisane marquée à gauche et volontiers aveugle, notamment lorsqu’elle compare l’affaire DSK à l’affaire Dreyfus. Ce marquage politique à gauche de l’échiquier politique place le site en concurrence avec d’autres (Mediapart, Rue 89…) qui auront l’avantage de l’antériorité et de moyens supérieurs. Servis par l’anti-sarkozysme, ces sites vont devoir gérer une configuration moins porteuse si François Hollande est élu président de la République.
Qui sera donc la Anne Sinclair du HuffPo français ? La journaliste consensuelle ? La militante socialiste ? Une autre Anne Sinclair, enquêtrice par exemple ? Saura-t-elle s’éloigner à la fois d’une image lisse et du soupçon partisan qui pèsera sur le HuffPo français ? Cette situation a suffisamment surpris et ému en interne au Monde pour que la Société des rédacteurs du quotidien s’en saisisse et obtienne des clarifications. Réponse lundi 23 lors de la conférence de presse.
La foule hérissée de micro et encombrée de caméras, ce lundi matin dans les locaux du Monde, disait en elle-même l’aggravation d’une tendance lourde : rien de mieux pour lancer un nouveau média que de faire intervenir une star.
Le Huffington Post a exploité mieux que personne cette ficelle de plus en plus en épaisse. Car les journalistes disposaient lundi matin non d’une star mais de deux : Arianna Huffington et Anne Sinclair, l’une symbolisant la liberté de ton outre-Atlantique, l’autre la télévision d’hier et la dure condition de la femme bafouée. Le célèbre banquier Mathieu Pigasse passait presque pour un anonyme dans cette frénésie médiatique : plus de 200 journalistes, des caméras, partout, des éclairs de flashs et des cris pour obtenir un regard, des bousculades… Une nervosité digne d’une visite d’Obama ou d’une élection présidentielle.
La cause de cette ruée ? Le lancement d’un site de… huit journalistes qui vise l’équilibre en 2014. Même dans sa catégorie des sites éditoriaux où croisent Slate, Rue 89 (désormais propriété du groupe Nouvel Observateur, l’actionnaire de Challenges) ou Mediapart, Le Huffington Post démarre petit. Le décalage décoiffe : un dispositif présidentiel pour un média vagissant… Les média traditionnels les plus prestigieux, radios, presse ou télévisions jusqu’à CNN elle-même, sont venus en rangs serrés assister à la naissance de ce nain du PAF.
Mais voilà, il y a des stars. Les médias dépendent de plus en plus de nos célébrités. Sans personnalité célèbre, pas de reconnaissance, pas de bruit médiatique, pas de couverture des confrères.
Le phénomène se généralise. On se souvient de Nicolas Sarkozy venu en personne encourager Relaxnews des frères Doncieux en 2004. On se rappelle Christine Ockrent gratifiant d’un discours fleuve et d’un véritable show les journalistes venus assister au lancement du quotidien gratuit Métro en 2002. Un livre récent (La Reine Christine, de Daniel Garcia, JC Gawsewitch) nous rappelle qu’elle toucha en 2007 pour ce rôle la modique somme de 212 000 dollars avant de repartir sous d’autres cieux. Mediapart a bien compris cette mécanique, qui capitalise sans réserve sur l’image d’Edwy Plenel.
Mais voilà, si cette stratégie attire indéniablement les caméras et impose une marque dans l’opinion – c’est déjà beaucoup -, notre média naissant doit ensuite faire la preuve de sa viabilité à long terme. Car les amateurs de stars ne sont pas nécessairement ceux qui s’intéressent le plus au suivi de l’information générale heure par heure que propose le Huffington Post. L'excitation retombée, l’éditorial seul fait alors la différence. La star fait du bruit, aide à mettre en selle, mais ne fait pas le succès. D’ailleurs, Slate, Rue 89, comme le récent Atlantico pour ne citer que les sites en ligne, ont réussi leur décollage sans l’appui omniprésent de stars populaires. Car le lecteur finit toujours par trancher selon son plaisir.
Anne Sinclair semble d’ailleurs jouer le jeu puisqu’elle ne touche pas de salaire et ne sera intéressée que si le lancement réussit. Mais on ne connait pas le détail de l’accord, ni le chiffre d’affaires envisagé. Le HuffPo français est moins avare de stars que de chiffres.

M6 fêtera ses 25 ans le 1er mars. Ses deux dirigeants historiques, Nicolas de Tavernost et Thomas Valentin, auront passé 25 ans à la tête de cette entreprise atypique dans l’univers de la télévision française. Le tandem dirigeant peut se retourner sans crainte sur le chemin parcouru.
En janvier 2012, les chiffres de Médiamétrie (non parus à ce jour) les placeront à 11,8% de part d’audience sur les 4 ans et plus, soit +1,4 point sur un an. Pas mal, pour une chaîne partie de zéro et parvenue à générer 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires 25 ans plus tard.
Un livre très fouillé et documenté sur l’histoire de M6 sortira fin février chez Flammarion. Dans M6 Story, la saga de la chaîne en trop, Marc Pellerin, journaliste média au Parisien, et François Viot, directeur de la rédaction de Télécable Sat Hebdo, racontent en détail, à travers mille anecdotes, la montée en puissance de cette entreprise atypique.
Ils racontent aussi le tempérament de ses deux dirigeants, tempérament opposés qui font par certains égards songer au tandem qui nous gouverne depuis cinq ans…
L’un est emporté, volontaire, tranchant, colérique : Nicolas de Tavernost fait avancer le navire en faisant régulièrement trembler les murs. L’autre est calme, doux, tout en finesse et en retenue : Thomas Valentin est l’homme des programmes. Le tandem est inséparable et complémentaire. La comparaison avec Sarkozy et Fillon s’arrête là… M6, très rentable, n’est pas la France déficitaire. Tavernost et Valentin ne sont pas élus. Ils ont eu un riche actionnaire et le temps pour eux. Jamais en France un président n'aura gouverné si longtemps ! Mais ils ont su mieux que d’autres mettre ces atouts à profit pour passer du robinet à clip qu’était le M6 des temps héroïques au robinet à cash qu’est devenu le groupe aujourd’hui, avec 157 millions d’euros de résultat net dégagés en 2010. C’est plus que… le chiffre d’affaires du dynamique groupe NextradioTV (RMC, BFM Business, BFM TV etc.) Mais là encore, comparaison n’est pas raison...
La rédaction du Figaro regrette d’être soumise à une ligne partisane qu'elle estime nuisible au travail journalistique. Elue voilà une semaine, la nouvelle société des rédacteurs du quotidien tape du poing sur la table. Elle sera reçue la semaine prochaine par Etienne Mougeotte, directeur du quotidien. Avec cette bronca, Le Figaro paye un virage politique pas toujours clairement perçu.
Le Figaro est un titre de droite. C’est son positionnement, son contrat avec ses lecteurs et sa vocation originelle. Le titre est acheté pour cela. Pour autant, depuis l'après-guerre, il a toujours pris grand soin de rester un journal d’opinions au pluriel, ouvert à toutes les tendances de la droite, de l’extrême droite à l’extrême centre (si l’on peut dire…). Au prix de contorsions et de dispersions parfois acrobatiques. Il fallait que toutes les sensibilités de droite se retrouvent dans cette maison commune et puissent se sentir chez elles dans les pages du grand quotidien libéral.
Cette ligne politique conservatrice et pluraliste à droite a fait les belles heures du Figaro depuis l’après-guerre. Elle a pris fin avec l’arrivée de Nicolas Beytout, qui a rapproché les éditoriaux et les Unes d’une vocation plus clairement militante et engagée derrière un homme, le président de la République. Cette nouvelle ligne politique s’est poursuivie avec l’arrivée d’Etienne Mougeotte, même s’il s’en défend. « Il est naturel qu’une société des rédacteurs exprime des positions fortes, assure-t-il à Challenges. Une rédaction n’est pas une brigade militaire ». Surtout, Etienne Mougeotte se justifie d’un traitement partisan. « Nous avons un traitement très équitable de François Bayrou, lui-même ne s’en plaint d’ailleurs pas, affirme-t-il. Et un traitement informatif du Front national. Il est logique qu’à partir du moment où un candidat se dégage à droite, il soit soutenu par Le Figaro ».
Certes, mais le soutien du Figaro à la personne de Nicolas Sarkozy ne date pas de son entrée en campagne, d’ailleurs toujours à venir. Les Unes du Figaro parlent d’elles-mêmes. « C’est grossier sur la forme, on infantilise le lecteur. Même la majorité en a assez », se plaint un élu syndical, traduisant le sentiment général.
Ce virage du Figaro porte ainsi des risques. Le journal fait naturellement le plein des lecteurs de presse quotidienne favorables à Nicolas Sarkozy, mais il a besoin des autres familles de la droite pour maintenir son lectorat. Surtout, le président de la République n’étant pas éternel, cette ligne liée à une personne expose le journal à subir les secousses d'une carrière individuelle, nécessairement moins stable qu'un courant d'idées. Ce risque, analysé de longue date dans tous les magazines d’actualité et les grands quotidiens, du Monde au Parisien, les pousse à ne plus prendre officiellement position en faveur de tel ou tel candidat, ce qui fut longtemps pratiqué. Nos médias savent désormais qu’ils ont plus à perdre qu’à gagner dans ces stratégies militantes. Le Figaro fera-t-il exception ?
Ancien patron du club de football Paris Saint Germain, Robin Leproux prendra début mars les commandes de la régie publicitaire et du développement du groupe M6. Il remplacera fin mars Catherine Lenoble, directrice générale de M6 Publicité, qui a décidé de faire valoir ses droits à la retraite au 31 mars 2012 après 25 ans de bons et loyaux services. L’importance stratégique des fonctions du nouveau venu se lisent dans l’intitulé de son poste. Robin Leproux est nommé vice-président du directoire en charge des activités commerciales et du développement. Alors que la chaîne fête ses 25 ans, ce manager expérimenté devient le troisième pilier du pouvoir à M6, aux côtés du tandem historique constitué par l’homme des programmes Thomas Valentin et le patron Nicolas de Tavernost.
Cette mission, stratégique, ne pouvait être confiée qu’à une personnalité de confiance, proche du président de M6. La régie publicitaire est en effet la principale caisse enregistreuse d’une chaîne gratuite. En 2011, le groupe M6 a collecté 837 millions d’euros sur le marché publicitaire français sur 1421 millions de chiffre d’affaires, le reste de l’activité ressortant des diversifications.
Cette confiance, c’est le résultat de treize ans passés au sein du groupe Bertelsmann. A M6 d’abord, où Robin Leproux a créé et développé les diversifications devenues un pilier de l’économie (584 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011, en baisse de 9%). A RTL ensuite, où ce manager très complet a joué les pompiers d’urgence après l’incendie qui avait enflammé la station en 2000, après le départ de Philippe Bouvard. Alors que l’audience de RTL avait chuté de 40% entre juillet et décembre 2000, c’est Robin Leproux lui-même, tout juste nommé, qui était parti frapper à la porte de l’animateur des Grosses têtes pour le supplier de reprendre l’après-midi.
Ce diplômé de Sup de co Reims, né en 1959, a alors reconstruit une grille, recruté quelques figures devenues depuis des vedettes de l’antenne, comme Jean-Michel Aphatie ou Christophe Hondelatte. Il a enfin redressé les recettes publicitaires de la station, revenues à leur niveau d’avant crise malgré les pertes d’audience de 2000, avant de prendre la tête du projet de magazine Bild à la française qui n’a finalement pas vu le jour.
De sa période Bertelsmann, Robin Leproux a conservé de précieux contacts à M6, qu’il a cultivé. Le patron du PSG rencontrait ainsi de temps à autres dans les instances du football français Nicolas de Tavernost, patron du club de Bordeaux. Il a aussi conservé des appuis dans le groupe, comme Gherard Zeiler, président de RTL Group, débauché par Turner qu’il rejoindra en avril prochain.
Le troisième homme de M6 devra affronter une conjoncture économique difficile, accompagner la croissance de la TNT et poursuivre les diversifications.